| Pour le dernier week-end
de ce séjour à Hangzhou, aucune visite n'est
prévue. Je préfère m'imprégner
un peu de la ville, de sa vie quotidienne.
Samedi matin, Wei va chez le
coiffeur. Vers onze heures et demi, alors qu'elle n'est
pas encore rentrée, je me promène un peu dans
les rues du quartier, savourant le plaisir de marcher au
hasard, sans but. Je prends par les ruelles, aboutit à
la place Wulin, et rentre en longeant le canal. Quoique
certaines ruelles soient très animées, encombrées
de voitures, de bicyclettes et de badeaux, la place Wulin
et les grandes artères sont presque désertées
; c'est l'heure du déjeuner et il fait chaud. Cela
fait plaisir de voir la lumière sans voile après
ces jours de brumes.
La petite chienne Yangyang,
toujours aussi peu sympathique avec moi, est encore malade.
Elle ne s'alimente plus beaucoup. L'avant veille et la veille,
je lui ai administré des piqures, alors que wei et
sa mère la tenaient. Je serais pour la laisser reprendre
naturellement des forces, mais Wei est inquiète,
et nous allons donc chez le vétérinaire après
le repas.
Pour 80 yuan de plus, on lui
fait de nouveau une transfusion. Pendant plus d'une heure,
on tient ainsi la patte du monstre. Je comprends maintenant
pourquoi la mère de Wei n'a pas insisté pour
nous accompagner.
Heureusement, le soir, le programme
est plus sympathique. Je commence par inviter Xu Meide dans
un restaurant coréen pas loin de chez nous, pour
la remercier de son accueil et la soulager de la préparation
du repas pour une fois. Puis Wei et moi allons au concert
de Sandy Lam (Lin Yilian), une chanteuse hongkongaise qui
a commencé sa carrière dans les années
quatre-vingt. Il se déroule au stade du Dragon Jaune
(huanglong tiyu zhongxing).
Des cohortes de taxi s'y dirigent,
provoquant un pénible embouteillage, alors que notre
bus peine à avancer. Nous arrivons 20 minutes en
retard.
Nous sommes au premier rang
dans les gradins. Je ne suis pas en mesure de comparer cette
représentation aux concerts pop en Occident, car
je n'y ai jamais assisté. Mais cette foule qui monte
vers le stade, qui s'asseoit en cirque, ces battements rythmiques
qui heurtent les tympans, tout cela me fait penser à
des rituels communautaires de la préhistoire.
Je ne connais aucun morceau,
ce qui m'empêche d'y prendre autant de plaisir que
Wei. Elle me fait remarquer que c'est le cas de nombreux
spectateurs ici, trop jeunes pour connaître les tubes
de Sandy Lam. Les places du parterre devant la scène
sont réservés aux titulaires de billets VIP,
généreusement offerts aux familles des musiciens,
policiers, cadres municipaux, etc. Ceux-ci sont venus avec
vieux et enfants. Il n'y a pas beaucoup d'ambiance. Le public
se contente d'agiter de petits batonnets lumineux. Non loin
de nous, une jeune fille n'a pas coupé son téléphone,
et discute malgré le vacarme assourdissant.
Le lendemain nous avons rendez-vous
avec Sheng Dongshan, un ami de Wei, architecte. Il commence
à réussir dans la vie, s'est acheté
une voiture, avec laquelle il vient nous chercher. Il nous
présente son amie, originaire du Sichuan. Il nous
accompagne d'abord à la foire informatique où
j'achète de la mémoire pour le portable, puis
nous allons déjeuner dans un grand restaurant.
Puis j'accompagne Wei acheter
des chaussures dans un grand magasin. En rentrant nous passons
par une pharmacie. Les produits fortifiants sont nombreux
et mis en avant.
Le soir, nous sommes invités
pour animer une soirée d'une association d'étudiants
en français. Elle se réunit toute les semaines
dans une maison de thé. Ces rendez-vous sont curieusement
nommés "French Corner"! Mais pour nous
aujourd'hui, la rencontre a lieu à la librairie Sanlian,
en face de l'université.
Contrairement aux buts affichés,
il ne s'agit pas vraiment de réunions à caractère
culturel, mais plutôt pour réfléchir
aux moyens... de partir étudier en France. L'un des
participants me demande immédiatement de corriger
le test d'admission qu'il doit renvoyer à une université
française. Un autre se plaint amèrement de
la difficulté du français, et dit qu'il faudrait
que les Français simplifient leur langue. Je lui
propose qu'il écrive à notre ministre de la
culture. Toutes les discussions ont lieu en chinois.
Nous y rencontrons notamment
Zhao Qiaolin, une jeune étudiante dont nous avions
fait connaissance un an auparavant alors qu'elle visitait
sa soeur en France. Elle est de loin la meilleure en français.
Il y a aussi le webmaster des sites sinofrance.com
et falanxi.com. |