| Ce jeudi-là commence
par une visite d'un marché d'alimentation non loin
de la place Wulin, avec la mère de Wei. J'ai l'impression
qu'il y a une plus grande varieté de denrées
qu'en France, surtout pour les légumes et les poissons
et fruits de mer.
C'est un marché qu'on
pourrait qualifier de "traditionnel". Les commerçants
ont de petits espaces alloués les uns à côté
des autres, La plupart des prix ne sont pas écrits,
les viandes et les poissons sont présentés
sur des étals non réfrigérés.
Pour autant, il y a des réglementations et des contrôles
afin de garantir l'état sanitaire des produits.
En sortant, Wei et moi prenons
le bus en direction de la Pagode des Six Harmonies (liuheta),
le dernier monument majeur de Hangzhou que je n'ai pas visité.
Elle se trouve au sud-est de la ville, surmontant le fleuve
Qiantang.
Sa première version a
été construite en 970, sous la dynastie des
Song. Partageant une vocation sacrée (bouddhiste)
et profane (surveillance de la navigation), elle a été
mainte fois reconstruite, et son aspect actuel est de la
fin des Qing. Elle paraît avoir 12 étages de
l'extérieur, mais n'en a que 6 à l'intérieur.
Sa visite n'est pas inintéressante
; les marches un peu raides font faire de l'exercice. Mais
les restaurations sont encore une fois trop lourdes.
Redescendus, nous prenons une
petite collation dans le restaurant du site. C'etait sans
doute un établissement d'Etat, récemment privatisé.
Mais il fonctionne comme avant : les plats sont peu nombreux
mais peu chers. Un orage violent se déclenche. Le
personnel se précipite pour fermer les fenêtres.
Au milieu de la grande salle trône un grand écran
16/9e, comme c'est la mode à présent. Une
famille est installée sur la table juste en face
de la télévision et regarde un feuilleton.
L'averse se calmant, nous visitons
les autres "attractions" du site, à savoir
des petits pavillons présentant l'histoire des tours
(pagodes) en Chine et un musée en plein air de reproductions
de tours en réduction. Les salles sur l'histoire
ne sont pas inintéressantes, mais on se demande par
exemple pourquoi un pavillon présente des copies
de céramiques Tang qui n'ont rien à voir avec
le site.
C'est sans doute que le but
d'un site touristique traditionnel en Chine est d'éduquer
les masses, de servir de support à des cours scolaires.
Sortant du site, nous marchons
vers le village des Neufs Rivières (Jiuxi), au sud
en suivant le fleuve. C'est là qu'habitent l'oncle
de Wei, Fu Ronggen (le frère aîné de
son père), et sa famille.
La plupart des habitants de
ce village ont le statut officiel de paysan. Mais on n'y
voit que des villas modernes. Un des champs a récemment
été transformé en lac de pêche,
et il semble aussi bien aménagé qu'un centre
de loisir pour retraités.
C'est le père de Wei
qui a fait construire la maison de son frère. Celui-ci
est assez timide. Il nous offre du thé Longjing qu'il
cultive avec sa femme.
Par la fenêtre, un gamin
nous espionne, et disparait dès qu'on le regarde.
C'est le neveu de nos hôtes. Il finit par sortir de
sa cachette, encouragé par sa mère, sa grand-mère
et ses oncles et tantes. Il veut montrer qu'il sait jouer
aux échecs chinois - il s'entraîne tous les
jours. Toute la famille est ravie de me faire jouer avec
lui. Cela rompt la glace.
Quand nous repartons, nous sommes
raccompagnés jusqu'à l'arrêt de bus,
à l'entrée du village.
Vendredi, Yangyang est malade.
Wei et sa mère sont inquiètes. Elles l'amènent
chez le vétérinaire pendant que je m'occupe
du journal.
L'après-midi, nous allons
ensemble au "Qualité et quantité"
(haoyouduo), un grand supermarché de Hangzhou. Celui-ci
est presque identique aux établissements occidentaux
du même genre. Seule différence à l'entrée
: on nous explique que comme le système antivol n'est
pas encore au point, il faut laisser ses sacs dans des casiers
fermés prévus à cet effet. |