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 Mercredi 26 et jeudi 27 juin 2002

La journée commence par une visite dans ce qui reste du vieux Hangzhou. La première étape est la maison de Hu Xueyan. Celui-ci est l'une des plus fameuses personnalité de la ville au XIXe siècle. Riche commerçant pharmacien, il contribue généreusement à l'effort de guerre des troupes impériales contre les rebelles. Celui lui vaut d'aquérir un statut quasi-mandarinal.

Sa vaste résidence, construite en 1872, reflète son nouveau statut social. Pourvue de nombreux bâtiments, de pièces d'eaux, de jardins et de kiosques, elle représente l'idéal domestique de ses contemporains. Cependant, une influence occidentale est déjà perceptible dans certains décors.

Jusqu'à très récemment, la demeure était encore occupée par plusieurs familles. Elles ont été expropriées pour créer ce site touristique. Les restaurations ont été un peu lourdes à mon goût : elles ont privilégié l'ambiance à l'authenticité. Les lanternes, par exemple, sont trop nombreuses et presque toutes de la même forme.

Lors des travaux, des anciens bas-reliefs ont été découvert sous du ciment, qui les a ainsi protégé des déprédations.

Nous sortons et passons alors dans la rue des Maisons de la rivière (hefangjie), un des rares vieux quartier encore en son état d'origine (début du siècle?). La municipalité a récemment découvert l'attrait touristique des vieilles maisons, et a commencé à réhabiliter le coin. Cela le préserve d'une certaine manière, mais le dénature aussi, un peu à la manière des restaurations d'Evans ou de Viollet-le-Duc.

Cela dit, le restaurant dans lequel nous déjeunons est charmant, décoré comme une ancienne maison de thé.

Le soir, Wei a donné rendez-vous à des anciennes camarades de lycée. Elles sont toutes de Hangzhou, et très typiques. Elles parlent beaucoup de leurs copains et maris. Deux sont déjà mariées, et deux autres le seront sans doute l'année prochaine, plus par devoir que par passion. Elles manquent d'ambition sentimentale, et sont avec des hommes jaloux et possessifs à qui il faut rendre compte des moindres faits et gestes. En contrepartie, elles leur mènent la vie dure pour les petites tracas quotidiens.

Infantiles, la plupart mangent encore tous leurs repas chez leurs parents, et collectionnent les gadgets clignotants. Après avoir fait l'effort de parler mandarin au début, elles commencent à converser en dialecte lorsqu'elles abordent des sujets un peu intimes.

Je ne comprend pas assez bien le dialecte pour m'amuser vraiment, et je sors donc l'ordinateur pour classer les photos. Wei renverse par accident du thé sur le clavier. La plupart des touches ne fonctionnent plus! Je démonte l'appareil, nettoye autant que je peux. A la fin, seules deux touches sont mortes : shift et contrôle gauches. C'est un peu génant, mais le pire a été évité car je peux utiliser leurs variantes à droite.

Le lendemain, nous partons pour Shanghai (train de 11h). Nous déjeunons avec le père de Wei, qui nous emmene l'après midi visiter son chantier, à l'extrémité du nouveau quartier de Gubei.

Puis il nous conduit voir les grattes-ciels de Pudong (la rive droite de Shanghai), et le fleuve Huangpu. On peut voir l'ancien quartier des concessions sur l'autre rive. A 19 heures, les lumières s'allument.

Je suis vivement impressionné par la ville, que je ne trouve ni chinoise ni occidentale. Il paraît qu'il y a cinq ou six ans, la plupart de ces hauts immeubles n'existaient pas.

Après un dîner au restaurant en famille, nous logeons le soir dans une chambres d'un des appartements que le père de Wei loue pour ses employés, dans le quartier de Lu'an.

Petit kiosque
La pause des livreurs
Vieille rue
Restaurant en forme de maison de thé
Filles de Hangzhou
Chantier à Shanghai
Shanghai - Gubei
Shanghai
Shangai
© Renaud de Spens & Fu Wei