| La journée commence
par une visite dans ce qui reste du vieux Hangzhou. La première
étape est la maison de Hu Xueyan. Celui-ci est l'une
des plus fameuses personnalité de la ville au XIXe
siècle. Riche commerçant pharmacien, il contribue
généreusement à l'effort de guerre
des troupes impériales contre les rebelles. Celui
lui vaut d'aquérir un statut quasi-mandarinal.
Sa vaste résidence, construite
en 1872, reflète son nouveau statut social. Pourvue
de nombreux bâtiments, de pièces d'eaux, de
jardins et de kiosques, elle représente l'idéal
domestique de ses contemporains. Cependant, une influence
occidentale est déjà perceptible dans certains
décors.
Jusqu'à très récemment,
la demeure était encore occupée par plusieurs
familles. Elles ont été expropriées
pour créer ce site touristique. Les restaurations
ont été un peu lourdes à mon goût
: elles ont privilégié l'ambiance à
l'authenticité. Les lanternes, par exemple, sont
trop nombreuses et presque toutes de la même forme.
Lors des travaux, des anciens
bas-reliefs ont été découvert sous
du ciment, qui les a ainsi protégé des déprédations.
Nous sortons et passons alors
dans la rue des Maisons de la rivière (hefangjie),
un des rares vieux quartier encore en son état d'origine
(début du siècle?). La municipalité
a récemment découvert l'attrait touristique
des vieilles maisons, et a commencé à réhabiliter
le coin. Cela le préserve d'une certaine manière,
mais le dénature aussi, un peu à la manière
des restaurations d'Evans ou de Viollet-le-Duc.
Cela dit, le restaurant dans
lequel nous déjeunons est charmant, décoré
comme une ancienne maison de thé.
Le soir, Wei a donné
rendez-vous à des anciennes camarades de lycée.
Elles sont toutes de Hangzhou, et très typiques.
Elles parlent beaucoup de leurs copains et maris. Deux sont
déjà mariées, et deux autres le seront
sans doute l'année prochaine, plus par devoir que
par passion. Elles manquent d'ambition sentimentale, et
sont avec des hommes jaloux et possessifs à qui il
faut rendre compte des moindres faits et gestes. En contrepartie,
elles leur mènent la vie dure pour les petites tracas
quotidiens.
Infantiles, la plupart mangent
encore tous leurs repas chez leurs parents, et collectionnent
les gadgets clignotants. Après avoir fait l'effort
de parler mandarin au début, elles commencent à
converser en dialecte lorsqu'elles abordent des sujets un
peu intimes.
Je ne comprend pas assez bien
le dialecte pour m'amuser vraiment, et je sors donc l'ordinateur
pour classer les photos. Wei renverse par accident du thé
sur le clavier. La plupart des touches ne fonctionnent plus!
Je démonte l'appareil, nettoye autant que je peux.
A la fin, seules deux touches sont mortes : shift et contrôle
gauches. C'est un peu génant, mais le pire a été
évité car je peux utiliser leurs variantes
à droite.
Le lendemain, nous partons pour
Shanghai (train de 11h). Nous déjeunons avec le père
de Wei, qui nous emmene l'après midi visiter son
chantier, à l'extrémité du nouveau
quartier de Gubei.
Puis il nous conduit voir les
grattes-ciels de Pudong (la rive droite de Shanghai), et
le fleuve Huangpu. On peut voir l'ancien quartier des concessions
sur l'autre rive. A 19 heures, les lumières s'allument.
Je suis vivement impressionné
par la ville, que je ne trouve ni chinoise ni occidentale.
Il paraît qu'il y a cinq ou six ans, la plupart de
ces hauts immeubles n'existaient pas.
Après un dîner
au restaurant en famille, nous logeons le soir dans une
chambres d'un des appartements que le père de Wei
loue pour ses employés, dans le quartier de Lu'an. |