| Le matin est consacré
au repos, au rangement et classement des photos et vidéos.
Ce n'est qu'en fin d'après midi que nous sortons.
Il pleut légèrement.
Nous traversons le pont sur
le canal pour aller prendre le bus K 19. On se bouscule
pour monter. A l'intérieur s'entassent des étudiants.
Cela me rappelle les vieux bus de Pékin - à
la différence près que celui-ci est climatisé
(comme toutes les lignes ayant le préfixe K).
Nous allons à la plus
grande librairie de Hangzhou, appartenant à la chaîne
"Chine Nouvelle" (Xinhua). Il est bizarrement
interdit d'y photographier. Nous investiguons particulièrement
les rayons archéologie, histoire, et beaux-arts.
Nous restons jusqu'à la fermeture (9h). Le temps
nous a manqué pour tout voir, mais nous acquérons
quand même plus d'une dizaine de livres.
Pour manger, Wei me mène
dans un café branché, l'UBC, non loin de chez
elle. Les prix sont à peine un peu moins chers qu'en
France. L'endroit mêle influences occidentales et
japonaises.
Le 25 au matin, nous retournons
au quartier informatique. Nous achetons notamment de la
mémoire Sony et un nouveau disque dur pour mon portable.
Pour la mère de Wei, nous faisons l'acquisition d'un
écran 15 pouces pour remplacer son vieux 14 pouces,
et d'une barette de mémoire supplémentaire.
Les prix ne se négocient pas très facilement,
mais on peut toujours aller voir dans les boutiques à
côté pour comparer. Au total, c'est quand même
intéressant : la plupart des matériels coûtent
près de 35% moins cher qu'en France.
L'après-midi, la mère
de Wei nous accompagne gravir une des collines de la ville,
la colline des Pierres précieuses (Baoshi Shan).
Le paysage est assez joli, et me rappelle les "collines
parfumées" à Pékin. Sur les sommets,
on peut apercevoir Hangzhou et le Lac de l'Ouest perdus
dans les brumes de la mousson. Le temple taoïste "qui
embrasse la sobriété" (Baopu Taoyuan),
des pavillons et la pagode de Baochu agrémentent
la promenade.
On trouve aussi quelques vieilles
demeures, autrefois habitées par de riches personnages.
Elles sont aujourd'hui sans confort en assez mauvais état,
et abritent des familles pauvres. La réglementation
de la ville empêche qu'elles soient détruites,
car elle interdit la construction de maisons à étages
aussi près du lac. Dans quelques années, elles
seront sans doute restaurées et à nouveau
destinées à la haute société.
Nous redescendons vers les rives
du lac. Sous un kiosque, deux hommes jouent aux échecs
chinois. Non loin de là se trouve la librairie des
Langues Etrangères, (Waiwen shudian). J'y achète
un livre rassemblant des gravures éditées
par la cour impériale au cours des âges.
Nous allons manger aux "Lianes"
(Qingteng Chaguan), un des salons de thé les plus
fameux de la ville, à deux pas de la librairie. Pour
près de 50 yuan par personnes, on nous sert un thé
avec tout un cérémonial, et nous allons nous
servir à volonté de divers amuses-gueules.
Une jeune fille joue de la musique dans un coin de la salle.
Revenus à la maison,
la mère de Wei nous montre les photos familiales.
Wei insiste pour voir les clichés des années
60. Xu Meide y pose avec le petit livre rouge. Pendant la
révolution culturelle, elle est allée trois
fois à Pékin voir le président Mao,
mais ne l'a aperçu qu'une seule fois, passant rapidement
dans une voiture sur la place Tiananmen.
A l'époque, elle faisait
collection des badges révolutionnaires. Elle les
garde encore précieusement, sans nostalgie cependant.
"Au début, nous dit-elle, nous pensions que
la révolution culturelle était une bonne chose
pour l'essentiel, même s'il y avait aussi certaines
mauvaises choses. A la fin, je pensais le contraire." |