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 Lundi 24 et mardi 25 juin 2002

Le matin est consacré au repos, au rangement et classement des photos et vidéos. Ce n'est qu'en fin d'après midi que nous sortons. Il pleut légèrement.

Nous traversons le pont sur le canal pour aller prendre le bus K 19. On se bouscule pour monter. A l'intérieur s'entassent des étudiants. Cela me rappelle les vieux bus de Pékin - à la différence près que celui-ci est climatisé (comme toutes les lignes ayant le préfixe K).

Nous allons à la plus grande librairie de Hangzhou, appartenant à la chaîne "Chine Nouvelle" (Xinhua). Il est bizarrement interdit d'y photographier. Nous investiguons particulièrement les rayons archéologie, histoire, et beaux-arts. Nous restons jusqu'à la fermeture (9h). Le temps nous a manqué pour tout voir, mais nous acquérons quand même plus d'une dizaine de livres.

Pour manger, Wei me mène dans un café branché, l'UBC, non loin de chez elle. Les prix sont à peine un peu moins chers qu'en France. L'endroit mêle influences occidentales et japonaises.

Le 25 au matin, nous retournons au quartier informatique. Nous achetons notamment de la mémoire Sony et un nouveau disque dur pour mon portable. Pour la mère de Wei, nous faisons l'acquisition d'un écran 15 pouces pour remplacer son vieux 14 pouces, et d'une barette de mémoire supplémentaire. Les prix ne se négocient pas très facilement, mais on peut toujours aller voir dans les boutiques à côté pour comparer. Au total, c'est quand même intéressant : la plupart des matériels coûtent près de 35% moins cher qu'en France.

L'après-midi, la mère de Wei nous accompagne gravir une des collines de la ville, la colline des Pierres précieuses (Baoshi Shan). Le paysage est assez joli, et me rappelle les "collines parfumées" à Pékin. Sur les sommets, on peut apercevoir Hangzhou et le Lac de l'Ouest perdus dans les brumes de la mousson. Le temple taoïste "qui embrasse la sobriété" (Baopu Taoyuan), des pavillons et la pagode de Baochu agrémentent la promenade.

On trouve aussi quelques vieilles demeures, autrefois habitées par de riches personnages. Elles sont aujourd'hui sans confort en assez mauvais état, et abritent des familles pauvres. La réglementation de la ville empêche qu'elles soient détruites, car elle interdit la construction de maisons à étages aussi près du lac. Dans quelques années, elles seront sans doute restaurées et à nouveau destinées à la haute société.

Nous redescendons vers les rives du lac. Sous un kiosque, deux hommes jouent aux échecs chinois. Non loin de là se trouve la librairie des Langues Etrangères, (Waiwen shudian). J'y achète un livre rassemblant des gravures éditées par la cour impériale au cours des âges.

Nous allons manger aux "Lianes" (Qingteng Chaguan), un des salons de thé les plus fameux de la ville, à deux pas de la librairie. Pour près de 50 yuan par personnes, on nous sert un thé avec tout un cérémonial, et nous allons nous servir à volonté de divers amuses-gueules. Une jeune fille joue de la musique dans un coin de la salle.

Revenus à la maison, la mère de Wei nous montre les photos familiales. Wei insiste pour voir les clichés des années 60. Xu Meide y pose avec le petit livre rouge. Pendant la révolution culturelle, elle est allée trois fois à Pékin voir le président Mao, mais ne l'a aperçu qu'une seule fois, passant rapidement dans une voiture sur la place Tiananmen.

A l'époque, elle faisait collection des badges révolutionnaires. Elle les garde encore précieusement, sans nostalgie cependant. "Au début, nous dit-elle, nous pensions que la révolution culturelle était une bonne chose pour l'essentiel, même s'il y avait aussi certaines mauvaises choses. A la fin, je pensais le contraire."

Repas
Le grand canal
Couleurs dans la pluie
Pagode dans la brume
Ruelle
Joueurs d'échecs
Le lac de l'ouest
A la maison de thé
Badges de la révolution culturelle
© Renaud de Spens & Fu Wei