journalsitesautres

 

 Jeudi 20 et vendredi 21 juin 2002

On ne se lève pas très tôt pour notre premier jour à Hangzhou. La mère de Wei est déjà levée depuis quelques heures.

Des petits pains à la viande et au riz gluant composent le petit déjeuner, accompagnant un thé vert « puit du dragon ». Les feuilles s'allongent et descendent lentement vers le fond de la tasse. Le grand ventilateur tourne lourdement.

Nous sortons et prenons un taxi pour aller au Lac de l'Ouest, dont Wei me vante les beautés depuis que je la connais. La mousson baigne le paysage de brume et lâche un crachin tiède. Quelques personnes se promènent sur la digue.

Peu se retournent à notre passage, même lorsque nous nous tenons la main, et cela étonne aussi Wei. Il faut croire que l'étranger est moins étrange qu'avant. Seuls certains quadragénaires nous regardent de façon appuyée. Les jeunes ont grandi dans une Chine déjà mondialisée, et les vieux en ont trop vu pour ne pas être blasés. En tous cas, cela met plus à l'aise.

Le Lac de l'Ouest distille un romantisme très Chinois. Son apparence naturelle ne doit pas tromper. Il a été aménagé par les empereurs de la dynastie des Song, chassés de la Chine septentrionale par les Mongols.

Mais ses îles et presqu'îles, ses digues, sont conçues pour sembler aller de soi, et augmenter le plaisir des promenades en bateau.

Nous passons sur le "Pont brisé" (qui n'a de brisé que l'apparence, quand il neige en hiver), théâtre de l'histoire du Serpent Blanc.

Nous arrivons au Musée du Zhejiang. L'entrée coûte 10 yuan. Nous allons d'abord au Pavillon des Marées Lettrées (wenlange), un mini jardin impérial qui avait été conçu par Kangxi, et réaménagé par Guangxu pour abriter l'un des sept exemplaires de l'Encyclopédie des Quatre catégories (Sikuquanshu, qui comprend plus de 3503 oeuvres classiques en 36000 volumes). Les bâtiments présentent aujourd'hui des collections thématiques : numismatique, mobilier et autres trésors. La pluie redouble et glisse sur les tuiles des galeries pour rejoindre les pièces d'eau.

Le Musée lui-même est une construction récente. Mais les objets présentés remontent jusqu'à la préhistoire. Arrivés au deuxième niveau, les mémoires de l'appareil photo sont déjà remplies. On reviendra une prochaine fois pour voir le reste.

Nous déjeunons très tard, deux heures passées, dans un grand restaurant tout vide non loin du lac. Après, on reprend le taxi pour aller à la banque de Chine changer mes euros. L'euro s'affermit de plus en plus, et j'obtiens près de 1200 yuan pour 150 euros. Cependant, il n'est pas possible de retirer de l'argent dans un distributeur avec une carte visa. Il y a sept ans, à Pékin, c'était pourtant courant.

Près de la banque se trouve une des plus grandes librairies de Hangzhou, Xinhua. On y passe près de deux heures sur ses trois niveaux. L'édition chinoise s'est beaucoup améliorée, tant sur le plan de la richesse du choix que sur la qualité de l'impression. Il y a sept ans, on ne trouvait que très peu d'illustrations en couleur. Aujourd'hui cela commence à se répandre.

Nous rentrons vers 19 heures trente à la maison, ce qui est tard en Chine puisqu'en général le repas du soir est pris vers 18 heures. Après le dîner, nous ressortons voir les grands magasins, qui ne ferment que vers 21 heures trente. Les prix des accessoires vidéo sont plus chers qu'en France.

Le lendemain, nous nous levons vers 9 heures, et nous prenons un petit déjeuner français, car la mère de Wei adore les croissants.

Dès que nous sortons, il se met à pleuvoir, et de plus en plus fort. Nous renonçons provisoirement à notre projet d'excursion, pour gagner la foire informatique. Les prix sont là vraiment intéressants. Les logiciels pirates sont à peine cachés dans les boutiques du troisième niveau. Un CD rempli de programmes, de vidéo ou de musique ne coûte que 4 yuan. Les vendeurs sont jeunes et presque éduqués. Un seul me demande d'où je viens.

Dehors, il ne pleut plus. Après avoir mangé dans un fast food taiwanais, nous prenons le bus pour aller sur la rive ouest du lac, dans la demeure élégante d'un aristocrate du XIXe siècle, la « Résidence des Guo » (Guozhuang). Nous y restons assez longtemps. Tout est très harmonieux et reconstruit un environnement qui ressemble à un monde idéal en miniature, avec ses lacs et ses collines qui supportent de gracieux pavillions, et il n'y a que peu de visiteurs. Même les toilettes sont correctes, au dessus des standards chinois.

En sortant, nous croisons un groupe d'Espagnols. C'est seulement la troisième apparition d'Occidentaux depuis le début du séjour. Sans doute la saison n'est-elle pas propice au tourisme.

Le retour se fait également en bus. Wei me fait remarquer que les passagers sont très différents des utilisateurs de taxi. En Chine, quand on a un peu d'argent, on prend le taxi (à Hangzhou, c'est 10 yuan minimum la course en ville). Il n'y a presque plus que les paysans, les chômeurs et les étudiants à utiliser le bus. Il y a sept ans, à Pékin, un trajet coûtait de 20 à 30 centimes. Aujourd'hui, à Hangzhou, c'est souvent près de 2 yuan. Mais c'est toujours aussi pitoresque.

Le soir, la soeur de Wei rentre de Shanghai. Elle crie encore plus fort que sa mère, qui crie encore plus fort que Wei... pour parler normallement. Cela doit être culturel.

Elle amène une petite chienne d'un an qui s'appelle Yangyang et qui est très bête mais sur qui tout le monde s'extasie.

Notre rue
Vélo dans l'escalier
Du taxi
Le lac de l'Ouest
Wei
Wenlange
Bronze
Artère de Hangzhou
CD pirates
Foire informatique
Intérieur du Guozhuang
Guozhuang
Bus
© Renaud de Spens & Fu Wei